Benjamin Libet

 

En 1973  Benjamin Libet de l’université d’état de Californie à San Francisco, dans une série d’expériences fascinantes, a prouvé que la prise de conscience suite à un stimulus sensoriel,  (stimulation électrique sur le cerveau)  se produit 500 millisecondes (temps neuronal) après le stimulus.

Lors de certaines opérations du cerveau,  il a obtenu l’autorisation des patients de réaliser une expérience, qui consistait à stimuler avec des électrodes la zone du cerveau à l’air libre,  (la boite crânienne étant ouverte ) qui correspondait à la zone d’activité d’une  piqûre au doigt.  Le sujet réveillé  déclare après 500 millisecondes sentir la piqûre.

C’est-à-dire que la plupart des expériences conscientes, requièrent une période minimale substantielle d’activation corticale de350 à 500 millisecondes pour accéder à la conscience.

(voir la figure ci-dessous).

Dans une autre expérience le sujet reçoit la stimulation électrique sur la main, Benjamin Libet va constater que le sujet ressent la piqûre 25 millisecondes après. En d’autres termes les sujets testés  affirment ressentir la stimulation après environ 25 ms, alors que le cerveau n’a pas encore développé suffisamment d’activité neuronale,  pour rendre possible cette prise de conscience. Libet nomme antédatage ce processus qui a donné lieu à de nombreuses discussions, dans la littérature philosophique et scientifique sur la conscience .

 

Suite à ces résultats en 1983, Libet s’est simplement demandé dans le cadre de toute action volontaire,  si cela voulait dire que l’individu éprouvait l’intention d’agir  0, 500ms après l’activation des zones corticales concernées.

En 1904 Carl Gustav Jung fait la même expérience dans son principe, avec les tests d’associations,pour prouver que la conscience est sous l’influence de l’inconscient .

Logiquement nous décidons de bouger le poignet, suite à cette décision volontaire,  le cerveau devrait préparer le mouvement, et  nous devrions  l’exécuter  0.550 millisecondes  après.

(voir la figure ci-dessous).

 

Libet fit un ensemble d’expériences dans lesquelles, des  sujets (sans électrodes implantés dans le cerveau )  devaient  au moment de leurs choix fléchir le poignet.

Libet conçut donc une expérience où il pouvait chronométrer trois événements :

  • 1/le début du  potentiel évoqué primaire  sur l’EEG (l’activité électrique cérébrale est détectée pour préparer le mouvement ).
  • 2/le moment où le sujet avait l’impression subjective de décider consciemment d’effectuer le mouvement.
  • 3/le début du  mouvement volontaire simple  fléchir le poignet.

Les résultats surprenant   démontrèrent, que c’est le « potentiel évoqué primaire » qui commence le premier, à environ 550 millisecondes (ms) avant l’action. Et c’est seulement ensuite, un bon 350 ms après, que le sujet rapporte son intention préalable d’exécuter  le mouvement, qui survient finalement 200 ms plus tard.

(voir la figure ci-dessous).

Toute action motrice volontaire est précédée d’un «potentiel évoqué primaire» sur le tracé de l’électroencéphalogramme du sujet (ou EEG littéralement enregistrement électrique au niveau de la tête). Il s’agit concrètement d’une déflexion importante du tracé, qui survient un peu moins d’une seconde avant l’action proprement dite.


Cette expérience  est la confirmation   scientifique,   que la conscience volontaire arrive beaucoup trop tard pour être à l’origine de l’action.

Et si le cerveau peut initier nos mouvements volontaires, avant même l’apparition d’une volonté consciente de faire ces mouvements, quel rôle reste-t-il pour la conscience?

Les expériences de Libet  soulignent que tout  ce qui se produit est d’abord inconscient, avant de devenir conscient.

 

Cette expérience bien sur a été vérifiée par d’autres scientifiques, et notamment Patrick Haggard qui travaille à l’Institut des neurosciences cognitives de l’University Collège de Londres, où  Il dirige une équipe d’une dizaine de chercheurs.

Dans cette vidéo nous pouvons parfaitement comprendre le déroulement de ces expériences, Patrick Haggard donne pour instruction au sujet,  de simplement  appuyer selon son choix sur une des touches du clavier de l’ordinateur, et de noter le temps sur l’horloge de son intention de le faire (le moment ou elle devient conscience d’appuyer sur le clavier).

Patrick Haggard obtient un temps de préparation motrice supérieur à 1000 millisecondes, avant que la personne soit consciente de son intention de passer à l’action.

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Pour en savoir plus ;

Chun Siong Soon et John Dylan Haynes.

Reprenant les travaux de Benjamin Libet,  ces deux chercheurs obtiennent des temps de préparation supérieurs à 500 millisecondes, avant la prise de conscience de l’intention de l’action.

John Dylan Haynes écrit ; http://www.nature.com/neuro/journal/v11/n5/full/nn.2112.html

« Beaucoup de processus dans le cerveau se produisent automatiquement et sans intervention de notre conscience. Cela empêche notre esprit d’être surchargée par de simples tâches de routine. Mais quand il s’agit de décisions que nous avons tendance à croire qu’elles  sont faites par notre esprit conscient. Ceci est remis en question par nos résultats actuels ».

-La volonté d’agir est elle libre ? Cerveau &Psycho n°6.     Gilles LAFARGUE et Angela SIRIGU.

http://eugrafal.free.fr/Lafargue%20Cervea&Psycho.pdf

Notre existence a-t-elle un sens ?

http://www.staune.fr/IMG/pdf/Poster_11.pdf


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