Michael Gazzaniga

Michael Gazzaniga, neuroscientifique  confirme l’expérience de Jung que l’inconscient non seulement parle, mais surtout qu’il  interprète nos actions .

 

Le cerveau est divisé en deux hémisphères;                                                                                                                                                                                  

  • Les informations visuelles ou sensorielles du coté gauche sont transmises à l’hémisphère droit.
  • Les informations visuelles ou sensorielles du coté droit sont transmises à l’hémisphère gauche.

Les personnes au cerveau divisé, ont  subi une opération consistant à sectionner complètement le corps calleux, gros faisceaux de fibres nerveuses reliant les deux hémisphères cérébraux.

Le neurospsychologue Michael Gazzaniga, qui travaillait au début de sa carrière avec Roger Sperry, a mis au point plusieurs dispositifs permettant d’étudier les différences fonctionnelles des deux hémisphères, chez ces patients. L’idée était de faire en sorte que des stimuli ne parviennent qu’à un seul hémisphère, pour voir comment cet hémisphère réussit seul à traiter tel stimulus.

 

 

 

 

 

Pour étudier le langage, Gazzaniga demandait au sujet de fixer un point central sur un écran, et projetait à droite ou à gauche de ce point des images, des mots ou des phrases. En projetant l’image assez brièvement pour que les yeux n’aient pas le temps de bouger, on peut ainsi  » parler  » à l’un ou l’autre des deux hémisphères : le droit reçoit l’information projeté dans le champ visuel gauche, et le gauche celle projetée dans le champ visuel droit.

 

 

 

 

 

Photo d’après Hubel, D. (1988). Eye, Brain, and Vision

http://lecerveau.mcgill.ca/flash/index_d.html

 

Par exemple si l’on présente un mot à l’hémisphère droit seulement, le sujet répond qu’il ne voit rien, car son hémisphère gauche dominant pour le langage n’a effectivement rien vu à cause du corps calleux coupé.

Mais si l’on insiste en demandant au sujet après avoir lu le mot balle, d’utiliser sa main gauche, pour choisir une balle parmi d’autres objet il réussit sans problème.

 

L’hémisphère droit ne peut donc pas s’exprimer avec des phrases complexes, mais il peut clairement reconnaître les mots.

Les sujets peuvent ainsi répéter sans difficulté les chiffres, les mots ou les images projetées dans le champ visuel droit, puisque l’hémisphère gauche qui les traite est dominant pour le langage. De même, si on leur demande de fermer les yeux et de palper des objets avec sa main droite, il peut les décrire sans problème.

Il en va cependant tout autrement pour les stimulus présentés dans le champ visuel gauche ou les objets manipulés par la main gauche : le sujet est incapable de les décrire. Pour les stimuli visuels, il dit même qu’il n’a rien vu !

 

 

 

Les expériences de Libet démontrent que l’inconscient est à l’origine du langage verbal, Michael Gazzaniga va redécouvrir au niveau neurologique le délire d’interprétation, il  constate que le cerveau de ses patients  est à l’origine d’interprétations irrationnelles .

Dès 1906 Jung rencontrait « cet interprète » en étudiant le livre  “Mémoires d’un névropathe”, publié en 1903 par Daniel Paul Schreber.

  • #1 écrit par Paulus Frédéric
    about 3 years ago

    Merci pour cette publication

  • #2 écrit par Paulus Frédéric
    about 3 years ago

    LE LIBRE ARBITRE MORD LA POUSSIERE !
    QU’EN PENSENT LES PSYCHANALYSTES ?

    Elève du Nobel Roger Sperry, Mickaël Gazzaniga dans son dernier livre Le libre arbitre et la science du cerveau, (2013), (1) devrait susciter une certaine remise en cause chez les psychanalyses, du moins chez ceux qui se portent garants des théories de l’inconscient à références freudiennes. Ces deux chercheurs sur le cerveau ont avancé l’hypothèse a priori déconcertante d’une hétéro-fonctionnalité de nos deux hémisphères qui s’avère être vérifiée scientifiquement. En fait les deux hémisphères seraient complémentaires, quoi de plus logique. On sait que le gauche nous permet notamment de parler (le contraire pour les gauchers). Le droit serait performant dans la saisie des perceptions et il transmettrait l’information à l’hémisphère gauche qui interprèterait notamment les données imagées en les traduisant en langage parlé et c’est là que pourrait s’opérer le fourvoiement, dans le sens où celui-ci trahirait plus qu’il n’objectiviserait, (ou fiabiliserait la saisie des données) en d’autres termes il rationnaliserait les perceptions qui lui ont été transmises en conformité avec nos idées conscientes. Pour Antonio Damasio (2), « l’hémisphère cérébral gauche a tendance à fabriquer des récits qui ne s’accorde pas nécessairement avec la vérité », in, Le sentiment même de soi, (1999), p 191. Et cela selon quelle logique ? En fonction de nos d’habitudes de pensée ou de « dispositions » Bernard Lahire (3), qu’il nous faut clarifier. Ces dispositions seraient pour une part acquises (du dehors) en fonction d’une multitude d’influences socialisatrices, pas toujours salutaires pour notre santé mentale, ou cohérentes pour notre entendement et qui peuvent, de surcroît générer des complexes dont le psychanalyste suisse C.G. Jung disait d’eux qu’ils pouvaient définir le moi (ou le « complexe – moi ») en d’autres termes plusieurs « personnalités partielles » cohabiteraient au sein d’un même psychisme. De quoi engendrer une certaine cacophonie ! L’autre part de ces dispositions (du dedans) serait innée génétiquement codées. Et nuançant les apports de Benjamin Libet (4) « Le cours de l’action nous semble l’objet d’un choix, mais le fait est qu’il résulte d’un état mental complexe qui interagit autour de lui. L’action est faite de composants complémentaires venant du dedans et du dehors », (1), p 155. Les psychés parcellaires, ou encore les états mentaux sont considérés comme des « composants » en terme neuronal.

    « L’interprète » de l’hémisphère gauche

    Gazzaniga qualifie «d’interprète » l’hémisphère gauche qui rationnalise une perception, en d’autres termes ce prisme déformerait la saisie perceptive de la réalité captée par l’hémisphère droit. Les vérifications expérimentales de cette duperie ne semblent pas se vérifier sur le seul enfant de trois ans testé, peut-être est-ce trop tôt pour être complexé ? La vérité sortirait-elle de la bouche des enfants ? Quel en serait le gain adaptatif de cette « rationalisation interprétative » pourrions-nous nous demander, nous autres adultes ? Aucun ! On se tromperait dans nos prises de décisions lorsque l’on se fierait uniquement à notre conscience. Est-ce pour cela que nous avons besoin de coachs ou de psychothérapeutes ? Voilà de quoi nous rendre dépressifs ! En cas d’absence de ces nouveaux « sauveurs des temps modernes » face à l’obscurantisme de notre libre arbitre, nous aurions selon notre hypothèse contre-intuitive : l’intelligence intrinsèque de notre inconscient (5). L’intelligence de cet inconscient, sans nul doute, sans rapport avec celui de Freud, pré-élaborerait nos décisions nous laissant avoir la certitude (l’illusion en fait) d’avoir pris la bonne décision selon notre libre arbitre. Dans ce sens Gazzaniga donne raison à Benjamin Libet (1916-2007), (4).

    Par effet de domino, ce livre devrait susciter quelques nuits blanches chez certains psychanalystes qui semblent avoir assimilés que l’inconscient était « structuré comme un langage » selon Jacques Lacan. Ceux-ci n’ont-ils pas fait du prisme langagier une « seconde voie royale » en quelque sorte dans l’exploration de l’inconscient ? En oubliant presque « la première », celle des rêves, pourtant valorisée par Freud.

    Sans connaître pour l’instant les mécanismes biologiques (ou bio-psychiques) qui actionnent les rêves, ceux-ci émergent de la substance nerveuse inconsciemment, instantanément, automatiquement pouvons nous dire. Comme une « potentialité de pensée » selon Dominique Laplane (6). Et cela en fonction de quelle logique ? Une logique darwinienne qui favoriserait l’adaptation selon nous (5). Sauf si le psychanalyste propose à ses patients d’auto-analyser leurs rêves et qu’ils utilisent d’un commun accord la technique de la « libre association » ce qui fait que l’on passe « du coq à l’âne », technique qui risque de les éloigner de l’authenticité du message imagé énacté par le rêve, initialement promu par l’hémisphère droit. Message à connotation darwinienne avons-nous dit, et qui devrait être assimilé à une alchimie de dispositions génétiques et culturelles compte tenu de « l’habitus » (3) de l’analysant : ses façons d’agir, de penser et d’être en cours de transformation psychique. A contrario de cela, ce dernier risquerait de se fourvoyer avec la « complicité » inconsciente de son analyste !

    Quant aux analystes jungiens, ils semblent avoir confirmation d’intuitions et de constatations cliniques sur la créativité intrinsèque de l’inconscient (7).

    Cette conclusion, si nous ne sommes pas dans l’erreur, fait un peu froid dans le dos, car comment penser que des milliers de psychanalystes « d’obédience » freudienne ou freudo-lacanienne se seraient fourvoyés aussi collectivement ? Peut-être avons-nous un début de réponse concernant certaines de ces thérapies que l’on dit « interminables » ?

    Références :

    (1) Gazzaniga, M.S. (2013), Le libre arbitre et la science du cerveau, Paris, Odile Jacob.

    (2) Damasio. A, (1999), Le sentiment même de soi, Odile Jacob, p 191.

    (3) Lahire. B. (2013) Dans les plis singuliers du social, Paris, La Découverte. « Le contexte présent de l’action peut, de ce fait, être étudié de deux points de vue différents : en tant que cadre déclencheur de disposition déjà incorporées, ou bien en tant que cadre socialisateur des acteurs» p, 138.

    (4) Benjamin Libet avait reconnu cette antériorité inconsciente dans l’action volontaire : « Nous pouvons considérer que les initiatives inconscientes des actions volontaires « sélaborent » inconsciemment dans le cerveau », in, L’esprit au-delà des neurones. Une exploration de la conscience et de la liberté, Préface d’Axel Kahn, Paris, Dervy, (2012) , p. 169.

    (5) Paulus. F, (2002) Individuation, énaction, émergences et régulations bio-psycho-sociologiques du psychisme, thèse de Doctorat de psychologie à Paris 7, (2000), sous la dir de Pierre Fédida, Presse universitaire Septentrion, Villeneuve d’Asc, France.

    (6) Pour le neurologue Dominique Laplane l’émergence de la pensée issue de la matière est une constatation : « Il y a dans la matière une sorte de « virtus cognitiva », de potentialité de pensée », in, La pensée d’outre-mots. La pensée sans langage, Les empêcheurs de penser en rond, 1997. page 171.

    (7) http://www.jung-neuroscience.com/michael-gazzaniga/

    Frédéric Paulus,
    Île de La Réunion,
    paulus.fred@orange.fr
    le 06/08/2013.

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